Les Nigériennes, des actrices incontournables contre le jihadisme

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Au Niger, le Réseau national des femmes pour la paix (REFEPA) intervient dans les villages pour sensibiliser les femmes dans la lutte contre le jihadisme et les inclure dans le processus de paix.

Plus de 150 villageoises se sont regroupées pour écouter Fatoumata Issaka, l’une des fondatrices du REFEPA. Dans les zones de conflits, les femmes sont les victimes privilégiées. Et la menace terroriste amène avec elle un risque plus élevé de viol comme arme de guerre. Au Niger, dont une large partie du territoire comporte des risques d’attentats, leur transmettre les meilleurs réflexes est donc un enjeu de sécurité nationale.

« Nous les femmes qui sommes à la maison c’est nous qui voyons qui rentre et qui sort du village. Si dans une maison tu vois quelqu’un qui s’y installe deux jours par exemple alors que tu ne le connais pas, tu ne connais pas ses intentions, il faut dire au chef de village qu’il y a un étranger », insiste une villageoise venue assister à cette réunion.

Toutefois, ces réflexes tardent à s’installer dans les villages concernés. Pour Fatoumata Issaka c’est l’implication de toutes ses paires qui va influer sur la situation sécuritaire du pays. « Il n’y a pas de développement sans sécurité et notre rôle est de responsabiliser les jeunes et les femmes qui sont victimes et actrices en même temps », estime-t-elle.

Les Nigériennes aimeraient voir ces rencontres se multiplier. Mais dans plusieurs zones l’insécurité reste trop élevée pour atteindre une majorité de femmes. Pourtant, en 2020, le gouvernement nigérien s’était engagé à intégrer les femmes dans le processus de paix à l’horizon 2024.

Par ailleurs, l’Onu qui accompagne près de 300 associations dans ce pays sahélien dit faire régulièrement des actions en milieu rural. « Lorsque le contexte sécuritaire ne nous le permet pas malheureusement, on ne va pas mettre en danger la vie des bénéficiaires ou de nos partenaires. Alors on préfère par prudence renoncer donc à apporter une aide », explique Achille Sommo, Chef de l’Unité Femmes, paix et sécurité chez Onu Femmes.

Source : Avec France24